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Automatiser une ligne de production : comment calculer le ROI et sécuriser l’investissement ?

  • Photo du rédacteur: Alex
    Alex
  • 12 août
  • 9 min de lecture

Automatiser une ligne de production ne consiste pas simplement à remplacer une opération manuelle par un automate, un robot ou une machine plus rapide.


Pour une entreprise industrielle, la vraie question est économique :

combien coûte réellement le projet, quels gains peut-il générer et en combien de temps l’investissement sera-t-il amorti ?


Une automatisation pertinente peut agir simultanément sur la cadence, la disponibilité des équipements, la qualité, les rebuts, la traçabilité, l’ergonomie ou encore la capacité à produire avec davantage de régularité.


Mais un projet techniquement performant n’est pas nécessairement un bon investissement.


Avant de modifier une machine ou une ligne existante, il faut donc mettre en relation les contraintes techniques de l’installation et la valeur économique réellement créée.


Cette approche permet de distinguer trois situations très différentes :

  • une amélioration facilement rentable ;

  • une modernisation nécessaire mais dont le retour est essentiellement lié à la réduction des risques ;

  • un projet d’automatisation trop complexe par rapport aux gains espérés.


Chez INOMATEX, l’analyse d’un projet peut couvrir l’existant, l’architecture automatisée, la programmation PLC/HMI, les essais et la mise en service. Vous pouvez consulter nos prestations d’automatisme industriel et nos compétences en programmation PLC, HMI, SCADA et commissioning.



Automatisation industrielle : commencer par le problème, pas par la technologie


L'une des erreurs fréquentes consiste à commencer un projet par une solution :

« Nous allons installer un robot. »

« Il faut remplacer l'automate. »

« Nous devons ajouter une supervision. »


La bonne démarche commence plutôt par une question :

quel problème industriel voulons-nous résoudre ?


Prenons quelques exemples.

Une ligne peut disposer d'une cadence théorique suffisante mais perdre plusieurs heures chaque semaine à cause de défauts difficiles à diagnostiquer.


Dans ce cas, le meilleur investissement n'est pas nécessairement une nouvelle machine. Une amélioration du diagnostic PLC, des alarmes HMI, de l'instrumentation ou de l'historisation peut être beaucoup plus pertinente.


À l'inverse, un poste manuel peut constituer un véritable goulot d'étranglement et empêcher toute augmentation du débit. Une automatisation mécanique et logicielle plus importante peut alors se justifier.


Avant de lancer un investissement, il est donc utile de réaliser un audit de l'automatisme et de l'installation.


L'objectif est de disposer d'un état initial mesurable : cadence réelle, arrêts, rebuts, interventions opérateur, défauts, coûts de maintenance ou contraintes d'obsolescence.


Quels gains faut-il intégrer dans le ROI d'une automatisation ?

Les économies de main-d'œuvre sont souvent les premières citées. Pourtant, elles ne représentent qu'une partie du calcul.


Sur une ligne industrielle existante, plusieurs sources de gains peuvent se cumuler.


1. Réduction des arrêts de production

Une amélioration du programme automate, du diagnostic, des capteurs ou de l'architecture peut réduire :

  • les pannes ;

  • les micro-arrêts ;

  • les recherches de défaut ;

  • les redémarrages ;

  • les interventions de maintenance.


Pour une installation fortement chargée, quelques heures de production récupérées peuvent représenter davantage que le coût de la modification elle-même.

Si la disponibilité de vos machines constitue déjà un problème, consultez également notre méthode pour réduire les temps d'arrêt grâce à l'analyse d'automatisme.


2. Augmentation de la cadence réellement exploitable

Automatiser un poste peut réduire le temps de cycle, mais il faut raisonner sur la cadence de la ligne complète.


Gagner cinq secondes sur une machine n'a pratiquement aucune valeur si une autre machine située en aval limite déjà la production.


Le ROI doit donc être calculé sur le débit supplémentaire réellement vendable ou exploitable, et non uniquement sur une cadence théorique.


3. Réduction des rebuts et des retouches

Une meilleure répétabilité du process peut améliorer :

  • le dosage ;

  • le positionnement ;

  • les températures ;

  • les temps de cycle ;

  • les contrôles ;

  • les séquences opératoires.


Une réduction des non-conformités génère alors plusieurs économies : matière première, temps machine, main-d'œuvre de retouche et contrôles supplémentaires.


4. Réduction des opérations manuelles sans valeur ajoutée

L'automatisation peut supprimer ou limiter :

  • les manipulations répétitives ;

  • les ressaisies ;

  • les déplacements opérateur ;

  • les réglages fréquents ;

  • certaines opérations de contrôle.


Il est cependant préférable de valoriser ces gains selon leur usage réel.


Une heure opérateur économisée ne devient pas automatiquement une économie financière. Elle peut en revanche être réaffectée à une opération plus productive.


5. Réduction du risque lié à l'obsolescence

Certaines modernisations ont un ROI différent.


Remplacer un automate ancien encore fonctionnel ne crée pas forcément une augmentation immédiate de production.


L'investissement peut néanmoins éviter une immobilisation prolongée en cas de panne, faciliter l'approvisionnement des pièces, améliorer la maintenabilité et sécuriser les sauvegardes.


Dans ce cas, il faut comparer le coût du retrofit au risque économique d'un arrêt non maîtrisé.




Comment calculer correctement le ROI d'un projet d'automatisation ?

Pour obtenir un calcul exploitable par un responsable industriel ou un acheteur, il faut d'abord déterminer le coût total du projet.


Il peut comprendre :

  • études mécaniques et électriques ;

  • automatisme et analyse fonctionnelle ;

  • automate PLC et modules d'entrées/sorties ;

  • capteurs et instrumentation ;

  • variateurs et motorisations ;

  • robot ou système de manutention ;

  • coffret et modifications électriques ;

  • développement HMI ou SCADA ;

  • programmation ;

  • essais FAT ;

  • installation ;

  • arrêt de production nécessaire aux travaux ;

  • mise en service et essais SAT ;

  • optimisation après démarrage ;

  • documentation ;

  • formation ;

  • pièces de rechange ;

  • maintenance ou licences supplémentaires.


Il faut ensuite déterminer les gains annuels nets.


Formule du ROI annuel simple

ROI annuel = gains nets annuels / investissement total × 100


Formule du délai de retour

Temps de retour = investissement total / gains nets annuels


Ces deux indicateurs donnent des informations différentes.


Un projet coûtant 100 000 € et générant 50 000 € de gains nets par an présente par exemple un ROI annuel simple de 50 % et un délai de retour de deux ans.


Mais ce calcul n'est pertinent que si les 50 000 € représentent de véritables gains économiques.



Le point le plus important : ne pas compter deux fois le même gain

C'est l'un des pièges classiques d'un business case industriel.


Imaginez qu'une nouvelle automatisation permette de produire 15 % plus vite.


Il serait incorrect de comptabiliser simultanément :

  • 15 % de capacité de production supplémentaire ;

  • 15 % de diminution du coût de main-d'œuvre par pièce ;

  • et la totalité du temps opérateur récupéré,

si ces trois valeurs proviennent en réalité de la même amélioration.


Chaque gain doit pouvoir être expliqué, mesuré et relié à une conséquence économique distincte.


Production supplémentaire : un gain seulement si elle est utile

Une ligne capable de produire 10 000 pièces supplémentaires par an ne crée pas automatiquement la valeur correspondant à 10 000 pièces.


Il faut vérifier :

  • que la demande commerciale existe ;

  • que les équipements amont peuvent suivre ;

  • que les équipements aval disposent également de la capacité ;

  • que les équipes logistiques peuvent absorber le volume ;

  • que le temps supplémentaire gagné sera réellement utilisé.


Dans le cas contraire, le gain de cadence reste essentiellement une réserve de capacité.

Elle peut avoir une valeur stratégique, mais elle ne doit pas être présentée comme du chiffre d'affaires garanti.


Calculer également le coût de ne rien faire

Le ROI traditionnel compare : investissement contre économies.


Sur une installation vieillissante, il faut parfois ajouter une deuxième analyse : que coûtera l'absence d'investissement ?


Une ligne peut continuer à fonctionner tout en présentant progressivement :

  • davantage de défauts ;

  • des composants difficiles à remplacer ;

  • des sauvegardes incomplètes ;

  • un programme devenu difficile à maintenir ;

  • des équipements non documentés ;

  • des délais d'approvisionnement importants ;

  • une dépendance à quelques personnes connaissant historiquement l'installation.


Le coût du statu quo peut alors devenir supérieur au coût de modernisation.



Les 7 étapes pour automatiser une ligne de production sans perdre de vue le ROI


Étape 1 — Mesurer l'existant

Avant toute modification, relevez les indicateurs utiles :

  • nombre de pièces produites ;

  • temps de cycle réel ;

  • TRS si disponible ;

  • durée et fréquence des arrêts ;

  • causes principales de défaut ;

  • volume de rebuts ;

  • temps opérateur ;

  • temps de changement de format ;

  • interventions de maintenance.


Cette phase crée le point zéro du projet.


Sans cette référence, il devient difficile de démontrer quelques mois plus tard que l'investissement a réellement apporté les résultats attendus.


Étape 2 — Identifier le véritable goulot d'étranglement

Il faut ensuite observer la ligne dans son ensemble.


Une cadence insuffisante peut provenir :

  • d'un poste manuel ;

  • d'une séquence automate mal optimisée ;

  • d'un temps mécanique incompressible ;

  • d'un robot ;

  • d'un contrôle qualité ;

  • d'un équipement de manutention ;

  • d'un mauvais équilibrage entre plusieurs machines.


La meilleure automatisation est celle qui traite le goulot réel, et non nécessairement l'équipement qui semble le plus ancien.


Étape 3 — Définir un objectif mesurable

Un cahier des charges comme :

« améliorer la productivité » est insuffisant.


Il est préférable d'écrire : passer de 42 à 48 unités par heure tout en conservant le taux de rebut actuel et sans augmenter le nombre d'opérateurs.


L'objectif devient alors vérifiable pendant les essais.


Étape 4 — Construire l'architecture technique

Une automatisation peut nécessiter différentes briques :

  • PLC ;

  • modules d'entrées/sorties ;

  • IHM ;

  • SCADA ;

  • variateurs ;

  • servomoteurs ;

  • capteurs ;

  • instrumentation ;

  • réseaux industriels ;

  • robotique ;

  • systèmes de vision ;

  • sécurité machine ;

  • historisation des données.


Le choix ne doit pas uniquement répondre au besoin immédiat.


Il faut également considérer la maintenabilité, les standards déjà présents dans l'usine, les compétences internes et la disponibilité des pièces.


INOMATEX intervient notamment sur les environnements Siemens, Rockwell Automation, Schneider Electric, Omron, HIMA et Yokogawa. Retrouvez le détail dans nos compétences en automatisme industriel.


Étape 5 — Préparer les essais avant l'arrêt de production

Chaque heure passée à identifier un problème pendant un arrêt planifié peut coûter beaucoup plus cher qu'une heure de préparation en atelier.


Lorsque le projet le permet, il est donc pertinent de préparer :

  • simulations ;

  • tests de programme ;

  • FAT ;

  • listes d'entrées/sorties ;

  • matrices causes-effets ;

  • sauvegardes ;

  • paramètres variateurs ;

  • recettes ;

  • plans de tests ;

  • stratégie de retour arrière.


L'objectif est de déplacer un maximum d'incertitude avant l'intervention sur la ligne.


Étape 6 — Sécuriser la mise en service

Le commissioning doit être considéré comme une véritable phase du projet et non comme la simple conséquence de la programmation.


Il comprend notamment :

  1. vérification des alimentations et communications ;

  2. contrôle des entrées/sorties ;

  3. validation des sécurités ;

  4. essais des actionneurs ;

  5. tests en mode manuel ;

  6. validation progressive des séquences automatiques ;

  7. essais avec produit ;

  8. réglages de cadence ;

  9. validation des conditions de défaut ;

  10. passage en production.



Étape 7 — Mesurer les résultats après démarrage

Le projet n'est pas terminé lorsque la machine produit sa première pièce.


Quelques semaines après le démarrage, il faut comparer les indicateurs avant / après :

  • cadence ;

  • disponibilité ;

  • temps de cycle ;

  • rebuts ;

  • arrêts ;

  • temps de diagnostic ;

  • interventions opérateur ;

  • consommation lorsque celle-ci faisait partie des objectifs.


C'est cette comparaison qui transforme le ROI théorique du dossier d'investissement en ROI réellement constaté.


Automatiser complètement n'est pas toujours la meilleure solution

Un projet rentable n'est pas nécessairement un projet « 100 % automatisé ».


Dans certaines applications, le meilleur compromis peut être :

  • automatiser uniquement une opération répétitive ;

  • conserver une validation opérateur ;

  • ajouter du diagnostic plutôt que remplacer la machine ;

  • moderniser uniquement l'automate et l'IHM ;

  • ajouter des capteurs ;

  • automatiser le changement de format ;

  • améliorer la supervision ;

  • connecter plusieurs équipements existants.


Une solution partielle correctement ciblée peut générer une part importante des gains avec un investissement et un risque nettement plus faibles.



Quels documents demander avant de lancer un projet ?

Un projet d'automatisation est plus facile à chiffrer lorsque l'état initial est documenté.


Selon l'installation, il peut être utile de réunir :

  • schémas électriques ;

  • programme automate ;

  • programme HMI ;

  • sauvegardes des variateurs ;

  • architecture réseau ;

  • nomenclature du matériel ;

  • analyse fonctionnelle ;

  • plans mécaniques ;

  • historiques de panne ;

  • données de production ;

  • liste des défauts récurrents ;

  • contraintes de sécurité ;

  • plages possibles d'arrêt de production.


Ces informations permettent également d'identifier rapidement les inconnues techniques qui risquent d'affecter le budget ou le planning.


Quel niveau de ROI faut-il exiger ?

Il n'existe pas de délai de retour universel valable pour toutes les usines.


Le niveau acceptable dépend notamment :

  • du montant de l'investissement ;

  • de la durée de vie prévue de l'équipement ;

  • de la stabilité de la production ;

  • du niveau de risque ;

  • des objectifs financiers de l'entreprise ;

  • de l'urgence liée à l'obsolescence ;

  • de la capacité de production nécessaire à moyen terme.


Une amélioration de confort peut nécessiter un ROI rapide pour être retenue.

À l'inverse, une migration indispensable pour maintenir une machine stratégique peut être justifiée même avec un délai de retour financier plus long.


Le ROI doit donc rester un outil de décision, pas devenir l'unique critère de décision.


Faire intervenir un automaticien dès la phase d'étude

L'automaticien est souvent sollicité après le choix de la solution et du matériel.


L'impliquer plus tôt peut pourtant permettre d'analyser :

  • le fonctionnement réel du process ;

  • les séquences existantes ;

  • l'architecture PLC/HMI ;

  • les possibilités de récupération du matériel ;

  • les contraintes réseau ;

  • les sécurités ;

  • les possibilités de simulation ;

  • les essais à prévoir ;

  • les risques liés au redémarrage.


Cette analyse permet surtout d'éviter qu'une hypothèse financière repose sur une solution techniquement difficile à mettre en œuvre.


Pour un audit, une étude, une programmation, un retrofit ou une mise en service, consultez nos prestations d'automatisme industriel.



Automatiser une ligne : rechercher le meilleur investissement, pas la solution la plus complexe


Une automatisation rentable commence rarement par le choix d'un automate, d'un robot ou d'une marque.


Elle commence par la compréhension précise de l'installation et de ses pertes.


Quelle performance voulons-nous améliorer ?

Combien cette amélioration vaut-elle réellement ?

Quel investissement est nécessaire pour l'obtenir ?

Quels risques techniques peuvent affecter le résultat ?

Comment vérifier les gains après la mise en service ?


Cette méthode permet de construire un projet d'automatisation autour d'indicateurs industriels mesurables plutôt que de simples promesses techniques.


Elle permet également aux équipes de production, maintenance, ingénierie, direction et achats de travailler sur une même base de décision.


INOMATEX accompagne les industriels sur l'étude, la programmation PLC/HMI, la modernisation et la mise en service des installations automatisées, depuis l'analyse de l'existant jusqu'aux essais sur site.


Pour analyser une ligne existante ou préparer un projet d'automatisation, vous pouvez directement présenter votre projet à INOMATEX.




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