Externaliser la programmation automate : quand est-ce vraiment plus rentable qu’en interne ?
- Alex

- 12 août
- 8 min de lecture
Externaliser la programmation d’un automate ne consiste pas simplement à comparer le tarif journalier d’un automaticien externe avec le salaire d’un salarié.
Pour un industriel, un intégrateur ou un constructeur de machines, la vraie question est plutôt :
quelle organisation permet de disposer de la bonne compétence, au bon moment, sans immobiliser inutilement des ressources ni augmenter le risque projet ?
Dans certains cas, conserver la programmation PLC en interne est clairement préférable.
Dans d’autres, faire appel à un automaticien externe ou à une entreprise d’automatisme industriel permet d’absorber un pic de charge, d’accéder à une compétence particulière ou de sécuriser une phase critique comme une migration ou une mise en service.
La décision doit donc être prise selon la charge réelle de travail, la technicité du projet, le planning, la criticité de l’installation et le niveau de compétence disponible en interne.
Externaliser ne signifie pas nécessairement sous-traiter tout le projet
Une erreur fréquente consiste à opposer deux organisations : une équipe entièrement interne ou un projet entièrement confié à l’extérieur.
Dans la réalité industrielle, plusieurs modèles peuvent coexister.
Une entreprise peut conserver en interne la connaissance du procédé, les standards logiciels et la maintenance quotidienne tout en confiant à un prestataire spécialisé :
le développement d’un nouveau module PLC ;
une migration d’automate ;
la programmation d’une machine ;
le développement HMI ou SCADA ;
la reprise d’un programme existant ;
une phase de FAT ;
la mise en service sur site ;
le diagnostic d’un problème complexe ;
ou simplement un renfort temporaire de l’équipe automatisme.
Cette organisation hybride permet de conserver la connaissance stratégique en interne tout en augmentant ponctuellement la capacité d’ingénierie.
INOMATEX propose notamment ce type d’organisation à travers ses prestations d’automatisme industriel, en sous-traitance, assistance technique ou intervention ciblée.
Le tarif journalier ne permet pas de comparer correctement interne et externe
Supposons qu’un responsable achats compare un automaticien externe facturé à la journée avec le coût journalier obtenu en divisant simplement le salaire annuel d’un automaticien interne par le nombre de jours travaillés.
La comparaison est incomplète.
Le coût d’une compétence interne comprend également le recrutement, les charges associées à l’emploi, les équipements informatiques, les licences logicielles, la formation, la gestion administrative et surtout les périodes pendant lesquelles cette compétence n’est pas affectée à un projet facturable ou directement productif.
À l’inverse, une prestation extérieure peut intégrer un tarif d’ingénierie plus élevé à la journée, mais cette dépense est concentrée sur une période pendant laquelle la ressource est réellement nécessaire.
La question devient alors :
Combien me coûte la capacité d’automatisme dont j’ai réellement besoin sur une année ou sur la durée du projet ?
Dans quels cas externaliser la programmation automate devient particulièrement intéressant ?
1. La charge d’automatisme est irrégulière
C’est probablement le cas le plus évident.
Une entreprise peut avoir besoin de plusieurs automaticiens pendant trois mois puis quasiment d’aucun développement pendant les six mois suivants.
Recruter uniquement pour absorber cette pointe peut créer une capacité excédentaire une fois le projet terminé.
Un renfort externe permet au contraire d’augmenter temporairement la capacité de développement puis de revenir à l’organisation habituelle.
2. Une compétence technique particulière manque en interne
Une équipe peut parfaitement maîtriser un environnement mais devoir ponctuellement intervenir sur une autre plateforme.
Par exemple, un industriel travaillant principalement sous Siemens peut récupérer une machine sous Rockwell Automation ou Schneider Electric.
Former complètement une ressource interne pour une seule intervention n’est pas toujours pertinent.
Il peut être plus efficace de mobiliser directement un spécialiste de la plateforme concernée.
INOMATEX intervient notamment sur les environnements :
3. Le délai devient plus important que le coût journalier
Un projet en retard ne coûte pas seulement des journées d’ingénierie supplémentaires.
Il peut retarder une FAT, une expédition, une installation chez le client ou le démarrage de la production.
Dans cette situation, ajouter temporairement une ressource expérimentée peut être économiquement plus intéressant que laisser le planning dériver.
C’est particulièrement vrai pendant la mise en service d’une machine industrielle, lorsque les équipes mécaniques, électriques, process et automatisme doivent avancer simultanément.
À lire également : Sécuriser la mise en service d’une machine industrielle : la méthode terrain en 7 étapes.
4. Le projet concerne un système ancien ou une migration
Modifier un programme ancien peut demander davantage de compétences que développer une application neuve.
Il faut parfois retrouver :
la bonne sauvegarde ;
la bonne version du logiciel ;
l'architecture réseau ;
les échanges avec les équipements tiers ;
les fonctions réellement utilisées ;
les interverrouillages historiques ;
et les modifications qui n'ont jamais été documentées.
Dans cette situation, l’enjeu n’est pas simplement de disposer de temps disponible. Il faut surtout disposer de la personne capable de comprendre rapidement l’installation.
Si l’obsolescence commence à devenir un problème, consultez également notre article : Quand moderniser un système automatisé ? Les signes qui doivent alerter.
5. Un problème persiste malgré plusieurs tentatives internes
Un regard extérieur peut également être pertinent lorsqu’une panne ou une dérive revient régulièrement.
L’objectif n’est alors pas de remplacer le service maintenance.
L’expert externe intervient pour apporter une analyse différente : programme PLC, chronologie des alarmes, communications réseau, instrumentation, actionneurs, variateurs ou conditions process.
Un audit d’automatisme peut parfois être plus pertinent qu’une succession de modifications réalisées sans analyse globale.
Mais externaliser n’est pas toujours la solution la plus rentable
Pour être crédible, il faut également reconnaître les situations dans lesquelles l’internalisation possède un véritable avantage.
Lorsqu’une entreprise possède une charge régulière et permanente de développement PLC, un automaticien interne peut naturellement être plus pertinent.
C’est également le cas lorsque la connaissance très fine du procédé constitue une compétence stratégique, ou lorsque de nombreuses petites modifications doivent être réalisées quotidiennement avec des délais d’intervention extrêmement courts.
Une équipe interne apporte alors :
une connaissance approfondie du procédé ;
une proximité immédiate avec la production ;
une continuité dans les choix techniques ;
une connaissance historique des machines ;
une grande réactivité sur les modifications courantes.
La bonne stratégie peut donc être de conserver le cœur de compétence en interne et d’externaliser les besoins exceptionnels.
Le modèle hybride est souvent le plus robuste
Une organisation industrielle performante peut par exemple conserver un responsable automatisme et des techniciens de maintenance internes tout en utilisant des experts externes pour les développements importants, les technologies particulières et les phases de commissioning.
Le rôle de l’équipe interne reste alors essentiel.
Elle conserve :
la connaissance du process → les standards → les sauvegardes → la validation technique → la maintenance future.
Le prestataire apporte :
de la capacité → une compétence ciblée → une méthode → une accélération ponctuelle du projet.
Pour le technicien : la maintenabilité du programme doit rester prioritaire
Un programme PLC livré rapidement mais impossible à maintenir peut coûter beaucoup plus cher quelques années plus tard.
Avant de sous-traiter un développement, il est donc utile de définir les règles techniques attendues :
structure du programme, standards de nommage, commentaires, gestion des alarmes, modes de marche, blocs fonctionnels, diagnostics, sauvegardes et documentation.
Il faut également déterminer qui possède la version de référence après chaque modification.
La question semble basique, mais elle devient critique lorsqu’une machine s’arrête plusieurs années après la mise en service et que personne ne sait avec certitude quel fichier correspond au programme présent dans l’automate.
Pour les achats : comparer des périmètres plutôt que des TJM
Deux prestataires proposant respectivement 650 € et 750 € par jour ne proposent pas nécessairement la même prestation.
Le tarif n’a réellement de sens que si les périmètres sont comparables.
Avant la commande, il est donc utile de préciser :
les études incluses ;
les plateformes concernées ;
les licences nécessaires ;
les documents fournis par le client ;
les livrables attendus ;
les essais FAT/SAT ;
la présence sur site ;
les déplacements ;
le reporting ;
les critères de réception ;
la gestion des modifications ;
les sauvegardes finales ;
et l’assistance après démarrage.
Une prestation mieux préparée peut réduire fortement les discussions commerciales et techniques en cours de projet.
Pour le responsable maintenance ou production : mesurer le coût du risque
Le prix de la programmation n’est parfois qu’une petite partie du coût réel du projet.
Prenons une modification qui nécessite une courte interruption de production.
Si la préparation est insuffisante et que le redémarrage prend deux jours au lieu de quelques heures, le coût supplémentaire ne vient pas principalement de l’automaticien.
Il provient de l’indisponibilité de l’installation.
Pour une machine critique, la compétence du prestataire, la préparation des essais, la capacité à diagnostiquer rapidement et la connaissance du terrain industriel peuvent donc peser davantage dans la décision que quelques dizaines d’euros de différence sur un tarif horaire.
Quels éléments transmettre pour obtenir un chiffrage fiable ?
Plus les informations disponibles avant le démarrage sont précises, plus le périmètre peut être correctement évalué.
Pour une intervention PLC, les éléments utiles comprennent notamment :
Référence de l’automate et des principales cartes
Version du logiciel de programmation
Sauvegarde actuelle du programme
Schémas électriques
Architecture réseau
Description fonctionnelle
Liste des modifications demandées
Contraintes de production
Dates prévues pour les FAT, SAT ou la mise en service
Conditions d’accès au site
Sur une installation existante mal documentée, une première phase d’analyse peut être préférable à un engagement immédiat sur un forfait global.
Comment choisir un prestataire pour externaliser une programmation PLC ?
Un bon prestataire ne doit pas simplement connaître le logiciel utilisé.
Il doit être capable de comprendre la machine ou le procédé dans lequel le programme va fonctionner.
La programmation industrielle implique régulièrement des interactions avec :
capteurs, actionneurs, variateurs, servomoteurs, réseaux industriels, systèmes de sécurité, HMI, SCADA, équipements tiers, instrumentation et systèmes supérieurs.
Il est donc pertinent d’évaluer non seulement la maîtrise de la plateforme PLC, mais également : l’expérience terrain, la compréhension du process, la méthode de test, la qualité de la documentation et la capacité à assurer la mise en service.
Vous pouvez consulter l’équipe d’experts en automatisme INOMATEX pour découvrir les différents environnements techniques couverts.
Externaliser pour gagner en capacité, pas pour perdre la maîtrise
La programmation automate est une compétence importante pour une installation industrielle.
Externaliser ne doit donc jamais signifier abandonner la maîtrise technique de la machine à un prestataire.
La bonne organisation consiste plutôt à utiliser l’expertise externe comme une extension temporaire de l’équipe interne.
Le client conserve ses standards, son historique, ses programmes et sa connaissance du procédé.
Le prestataire apporte une compétence ou une capacité supplémentaire pour atteindre un objectif défini.
C’est cette organisation qui permet de rendre la sous-traitance réellement intéressante sur le long terme.
Conclusion : faut-il internaliser ou externaliser votre automatisme ?
Il n’existe pas de réponse universelle.
Si la charge est permanente, répétitive et directement liée au fonctionnement quotidien de l’usine, disposer d’une compétence interne est souvent logique.
Lorsque le besoin devient ponctuel, fortement spécialisé, urgent ou concentré sur certaines phases du projet, externaliser la programmation automate peut au contraire éviter de dimensionner une équipe permanente pour une charge temporaire.
Entre les deux, une organisation hybride permet souvent d’obtenir le meilleur équilibre : conserver la connaissance industrielle en interne tout en utilisant ponctuellement des automaticiens spécialisés pour augmenter la capacité disponible.
Avant de comparer les prix, il faut donc comparer le coût complet du projet, les délais, le niveau de risque, les compétences nécessaires et la capacité de l’organisation à maintenir l’installation après le départ du prestataire.
Pour approfondir votre réflexion, découvrez également les prestations d’automatisme industriel INOMATEX ou demandez un automaticien adapté à votre projet.


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