top of page

Obsolescence Siemens en automatisme industriel : matériels concernés et solutions de migration en 2026

Photo du rédacteur: Alex
Alex
22 sept.
7 min de lecture

L’obsolescence d’un automate, d’un pupitre opérateur ou d’une station d’entrées-sorties ne provoque pas nécessairement l’arrêt immédiat d’une installation. Elle augmente néanmoins les risques liés à la disponibilité des pièces, aux délais de dépannage, à la compatibilité logicielle et à la capacité de redémarrer rapidement la production.


En 2026, de nombreux sites industriels utilisent encore des automates SIMATIC S7-300, des stations ET 200M ou ET 200S, des pupitres Comfort Panel, des systèmes SIMOTION ou des variateurs Siemens d’ancienne génération. Ces équipements peuvent continuer à fonctionner correctement, mais leur maintien doit désormais s’appuyer sur une stratégie documentée.


Vous utilisez encore des S7-300, des stations ET 200M ou des Comfort Panels ?

Transmettez à INOMATEX votre liste de références Siemens, une nomenclature ou des photographies lisibles afin d’obtenir une première évaluation du niveau d’obsolescence de votre installation.


Qu’est-ce que l’obsolescence d’un matériel Siemens ?

Un matériel devient obsolète lorsque son cycle de commercialisation et de support avance vers sa fin. Cela ne signifie pas qu’il est immédiatement inutilisable. Une CPU S7-300 installée depuis quinze ans peut rester parfaitement fonctionnelle. Le risque apparaît lorsque sa défaillance ne peut plus être traitée dans le délai accepté par la production.

L’obsolescence devient critique lorsque plusieurs difficultés se cumulent :

  • le composant n’est plus disponible comme matériel neuf standard ;

  • les délais d’approvisionnement augmentent ;

  • le stock de pièces de rechange est insuffisant ;

  • les équipements disponibles sur le marché secondaire ne sont pas toujours traçables ;

  • les logiciels de programmation nécessitent un ancien système d’exploitation ;

  • les sauvegardes sont incomplètes, protégées ou non testées ;

  • la panne d’un seul composant peut arrêter toute une ligne.



La question principale n’est donc pas uniquement : « ce matériel est-il ancien ? » Il faut surtout déterminer si l’installation reste maintenable, dépannable et redémarrable dans un délai compatible avec les contraintes industrielles.


Que signifient les statuts Siemens PM400, PM410, PM490 et PM500 ?





La documentation Siemens précise que le jalon PM400 déclenche l’engagement de dix ans concernant les pièces de rechange. Au jalon PM410, le produit entre dans la phase de pièces de rechange. Le jalon PM490 marque la fin de cet engagement. Consulter la description officielle du cycle de vie Siemens.


Pourquoi vérifier la référence complète MLFB ?

Le statut d’une famille ne suffit pas toujours. Deux modules appartenant à une même gamme peuvent avoir des dates différentes. Le contrôle doit être réalisé à partir de la référence complète, appelée MLFB, par exemple :

  • 6ES7 315-2EH14-0AB0

  • 6ES7 153-2BA10-0XB0

  • 6AV2 124-0MC01-0AX0

  • 6SL3 210-1PE...

  • 6GK5...

  • 6AU1...


La version matérielle, le firmware, la carte mémoire, le coupleur réseau et les accessoires indispensables doivent également être relevés.


Principaux matériels Siemens concernés en 2026



Sources officielles Siemens :

Le S7-300 est-il réellement obsolète en 2026 ?

Les composants S7-300 concernés sont passés au statut PM410 le 1er octobre 2025. Cela ne signifie pas que toutes les installations doivent être remplacées immédiatement. Cela signifie que leur maintenance à long terme dépend davantage du stock disponible, des possibilités de réparation et de la maîtrise du programme existant.


Une installation S7-300 peut rester exploitable lorsqu’elle dispose :

  • d’une sauvegarde complète et vérifiée ;

  • d’un programme source réellement conforme au programme chargé ;

  • des logiciels, licences et mots de passe nécessaires ;

  • d’une carte mémoire et d’une alimentation de secours ;

  • des CPU, interfaces et modules critiques identifiés ;

  • d’une procédure de remplacement et de redémarrage ;

  • d’un intervenant maîtrisant STEP 7 Classic et l’architecture installée.


À l’inverse, une machine sans sauvegarde, sans stock et sans procédure de restauration présente un niveau de risque élevé, même si elle fonctionne normalement aujourd’hui.


ET 200M et ET 200S : faut-il remplacer toutes les entrées-sorties ?

Le retrait d’une gamme de périphérie ne signifie pas forcément qu’il faut recâbler immédiatement tous les capteurs et actionneurs. Plusieurs scénarios peuvent être étudiés.


Conserver temporairement certaines stations

Il peut être possible de remplacer la CPU centrale tout en conservant provisoirement certaines stations déportées. Cette solution limite le coût initial mais maintient une dépendance à l’ancienne génération.


Migrer vers ET 200MP

L’ET 200MP est adapté aux architectures proches du S7-1500 et aux installations nécessitant une densité importante d’entrées-sorties.


Migrer vers ET 200SP

L’ET 200SP permet de créer des stations compactes et décentralisées. Elle convient à de nombreuses applications machine et process.


Étudier ET 200SP HA pour le process

L’ET 200SP HA peut être envisagée pour les installations process exigeant une disponibilité élevée, des signaux spécifiques ou une maintenance facilitée.

Le choix dépend du nombre de voies, des signaux analogiques, HART ou Failsafe, du réseau existant, de l’espace disponible, du câblage à conserver et du temps d’arrêt autorisé.


Quels sont les risques d’un automate Siemens ancien ?

1. Un arrêt de production prolongé

Le temps d’arrêt ne correspond pas uniquement au remplacement physique d’une carte. Il faut diagnostiquer la panne, trouver une pièce compatible, restaurer la configuration, rétablir les communications, réaliser les essais fonctionnels et remettre l’installation en production.


2. Une sauvegarde inutilisable

Les causes sont fréquentes : projet HMI absent, programme source différent du programme chargé, blocs protégés, mot de passe inconnu, bibliothèque manquante, paramètres variateurs non sauvegardés ou image du PC industriel inexistante.


3. Une dépendance au marché secondaire

Le marché de l’occasion peut dépanner ponctuellement, mais l’historique, les conditions de stockage, le firmware et la garantie ne sont pas toujours connus.


4. Une incompatibilité logicielle

Les anciennes versions de STEP 7, WinCC, ProTool, Drive ES ou SIMOTION SCOUT peuvent nécessiter des systèmes d’exploitation devenus difficiles à maintenir.


5. Une exposition cybersécurité plus importante

Les équipements anciens ne disposent pas toujours des mécanismes ou mises à jour des générations actuelles. Une modernisation permet de revoir la segmentation réseau, les accès distants, les comptes, les sauvegardes et les échanges entre automate, supervision et réseau d’entreprise.


Comfort Panel vers Unified Comfort Panel : une migration à préparer

Les SIMATIC HMI Comfort Panels concernés ont atteint le statut PM400 le 31 janvier 2026. Les pupitres installés ne cessent pas de fonctionner, mais leur cycle de retrait est engagé.


La migration vers WinCC Unified ne se limite pas toujours à convertir le projet. Les points suivants doivent être contrôlés :

  • dimensions de découpe et résolution de l’écran ;

  • scripts et fonctions personnalisées ;

  • recettes, historiques et courbes ;

  • gestion des utilisateurs et droits d’accès ;

  • alarmes et archivage ;

  • communications avec l’automate ;

  • licences et fonctions liées aux touches physiques ;

  • validation en atelier avant intervention sur site.


Comment réaliser un audit d’obsolescence Siemens ?

Étape 1 : inventorier le matériel

L’inventaire doit inclure les CPU, alimentations, racks, E/S, coupleurs, cartes de communication, pupitres, PC industriels, variateurs, switchs, cartes mémoire et accessoires indispensables.


Étape 2 : vérifier les programmes et sauvegardes

Il faut identifier les versions logicielles, les sources, les mots de passe, les blocs protégés, les paramètres variateurs, les licences et la date du dernier test de restauration.


Étape 3 : analyser la criticité



Étape 4 : choisir la stratégie

La stratégie peut combiner la constitution d’un stock, la fiabilisation des sauvegardes, le remplacement d’un composant critique, une migration par zones ou une modernisation complète pendant un arrêt programmé.


Étape 5 : préparer le projet de migration

Le plan doit préciser l’architecture cible, les matériels de remplacement, les adaptations logicielles, les modifications électriques, le FAT, le SAT, la durée d’arrêt et le scénario de retour arrière.


Migration progressive ou remplacement complet ?



La décision dépend du coût d’une panne, de l’avenir de la machine, du budget, des arrêts programmés et des compatibilités techniques.


Prestations INOMATEX pour sécuriser les installations Siemens




Pourquoi anticiper plutôt que migrer en urgence ?

Une migration planifiée permet de sauvegarder l’existant, tester la nouvelle architecture en atelier, préparer les modifications électriques, commander le matériel avec un délai maîtrisé et programmer l’intervention pendant un arrêt de production.


Une migration déclenchée par une panne impose souvent de décider rapidement avec des informations incomplètes. Le coût du projet devient alors secondaire face aux pertes de production et à l’urgence du redémarrage.



Questions fréquentes

Le S7-300 est-il encore utilisable en 2026 ?

Oui. Le passage au statut PM410 ne provoque pas l’arrêt des automates installés. Les installations peuvent continuer à fonctionner, mais il devient essentiel de vérifier les sauvegardes, les pièces critiques, les logiciels nécessaires et la procédure de redémarrage.

Faut-il remplacer immédiatement tous les S7-300 ?

Non. La priorité dépend de la criticité de la machine, de la disponibilité des pièces, de la qualité des sauvegardes, du coût d’un arrêt de production et de la durée de vie restante de l’installation.

Peut-on migrer un S7-300 vers un S7-1500 sans réécrire tout le programme ?

Une partie du programme peut généralement être reprise ou convertie. Des adaptations restent néanmoins nécessaires pour les blocs système, les adressages, les communications, certaines instructions, le diagnostic et les fonctions de sécurité.

Selon l’application, une station ET 200M peut être remplacée par une ET 200MP, une ET 200SP ou une ET 200SP HA. Le choix dépend du nombre d’entrées-sorties, du réseau, des signaux analogiques, HART ou Failsafe et des contraintes de maintenance.

Les Comfort Panels concernés sont entrés dans la phase PM400 le 31 janvier 2026. Leur retrait est donc engagé. Ils peuvent encore être utilisés, mais la migration vers les Unified Comfort Panels doit être anticipée.

Un audit doit inclure les références MLFB, les versions matérielles et firmware, les statuts produits, les sauvegardes, les licences, les stocks de pièces, la criticité des équipements, les solutions de remplacement et un plan de migration.


L’obsolescence Siemens doit être traitée comme un risque de continuité d’activité et non comme une simple question de catalogue. Une installation ancienne peut rester fiable lorsqu’elle est sauvegardée, documentée et sécurisée par un stock adapté. Une machine encore opérationnelle peut, à l’inverse, représenter un risque majeur lorsqu’aucun plan de restauration ou de remplacement n’existe.


La priorité est d’identifier les références critiques, vérifier les sauvegardes, estimer le coût d’un arrêt et construire une stratégie de modernisation compatible avec la production.





bottom of page